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Kissariat Al Kifah fait peau neuve

Par: Andréa CLERC  

CULTURE Kissariat Al Kifah, le plus ancien mall de Fès, souffre depuis plusieurs années des maux de la médina : marchands ambulants, difficultés d'accès, harcèlement des clients, risque d'effondrement, émergence des produits chinois… Un cocktail Molotov contre lequel la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS) de Fès-Boulemane a choisie de lutter.

Fès réhabilite son plus ancien «mall»

Kissariat Al Kifah, situé près du mausolée de Moulay Idriss, date des années 1920.  Berceau des anciens combattants, il attirait autrefois plus de 90% des visiteurs marocains et étrangers, venus acheter babouches, gandoras, djellabas et autres tissus. 

Mais depuis plusieurs années, les commerçants qui ont vu leurs ventes chuter, n’arrivent plus à couvrir les charges et tirent la sonnette d’alarme. Pourquoi ?  La fermeture des frontières maroco-algériennes ainsi que la prolifération des marchands ambulants proposant les mêmes produits, ont « tué » le commerce en médina.
La crise bat son plein et les fermetures de magasins se multiplient. Pour les commerçants, il y a nécessité d’une véritable réorganisation des marchés. 

Outre la concurrence déloyale, il est important de noter le problème du manque de parkings ainsi qu’un autre phénomène, celui de l’absence de toilettes publiques. 

Face à cette situation, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS) de Fès-Boulemane Fouad Filali Zine, a dévoilé son souhait de donner une seconde vie à kissariat Al Kifah: «il faut redonner au site sa valeur historique, y améliorer l’activité commerciale et les conditions de travail des commerçants».

Pour se faire, il ambitionne d’inscrire la Kissariat Al Kifah dans le circuit touristique et de mettre en place un modèle économique de réhabilitation et de valorisation de l’artisanat local. 
L’objectif final du projet dont les fonds s’élèvent à 8 millions de dhs, est de transformer l'ancien Mall en un lieu d’attraction et de commerce à l’image du grand bazar d’Istanbul.
Un chantier d’envergure financé par la CCIS, le Ministère de l’Industrie et d’autres partenaires, qui se répartira sur une superficie de 4.000 m2, soit 560 magasins répartis sur 12 souks. 

Un projet qui pourrait redynamiser ce marché d'autrefois dans les plus brefs délais.